Deux questions que tout le monde confond, posées ensemble. Les listes noires anti-spam décident si vos messages arrivent ; Google Safe Browsing décide si Chrome affiche un écran rouge devant votre site. Un domaine peut être irréprochable pour l'une et signalé par l'autre.
Le mécanisme
Deux réputations, deux guichets, aucun lien
« Mon domaine est blacklisté » recouvre deux systèmes qui ne se parlent pas : celui qu'interroge un serveur de messagerie avant d'accepter votre message, et celui que consulte un navigateur avant d'afficher votre page. Partez de ce que vous constatez — le circuit concerné s'allume.
Le courrier
Listes noires anti-spam (DNSBL)
1Vous envoyez un message depuis l'adresse IP de votre serveur sortant.
2Le serveur qui le reçoit interroge des listes noires publiques sur cette adresse IP, pendant la remise, avant même d'accepter le message.
3S'il la trouve listée, il refuse le message ou le range dans les indésirables.
4Le retrait se demande à l'opérateur de chaque liste, une par une, après avoir traité la cause.
Ce qui est jugé : l'adresse IP qui émet, et parfois le domaine — jamais le contenu de votre site.
La navigation
Navigation sécurisée (Safe Browsing)
1Quelqu'un ouvre une adresse de votre site.
2Le navigateur compare cette adresse à la liste de navigation sécurisée qu'il tient à jour, avant d'afficher quoi que ce soit.
3Si elle y figure, il remplace la page par un écran d'avertissement rouge.
4Le retrait se demande à l'éditeur du service, après avoir nettoyé le site et demandé un réexamen.
Ce qui est jugé : les adresses de votre site — jamais votre serveur de courrier.
Choisissez ce que vous constatez : le circuit en cause s'allume, l'autre s'efface.
Les deux systèmes sont indépendants : sortir de l'un ne change rien à l'autre, et un domaine peut être parfaitement propre d'un côté tout en étant signalé de l'autre.
Un contrôle ponctuel ne vous prévient de rien
Un listage arrive après coup. Le temps que vous pensiez à venir sur cette page, les messages ne partent plus depuis trois jours, ou l'écran rouge de Chrome est devant le site de votre client depuis ce matin. La question n'est pas « suis-je listé aujourd'hui » mais « qui me le dira le jour où ça arrive ». DomainVigil interroge ces mêmes listes en continu et vous écrit dans l'heure.
Ce qui fait lister un domaine qui n'a rien fait
Une boîte dont le mot de passe a fui et qui envoie du spam à votre place. Un site WordPress percé qui héberge une page de hameçonnage à votre insu. Un voisin d'hébergement mutualisé dont l'adresse est partagée avec la vôtre. Un formulaire de contact sans protection transformé en relais. Dans les quatre cas, vous êtes listé pour des envois que vous n'avez pas faits, et le retrait ne tient que si la cause est traitée d'abord.
Ce que ce contrôle interroge
Sept listes, six adresses, deux systèmes qui s'ignorent.
Quatre nombres suffisent à dire ce qui est testé — et pourquoi un domaine peut être vert d'un côté et rouge de l'autre.
7
Listes noires interrogées
Deux répondent sur le nom du domaine, cinq sur les adresses IP. SORBS a été retirée : fermée en juin 2024, ses silences passeraient pour des « rien à signaler ».
6
Adresses testées au maximum
Celle du site, et celles de vos serveurs de messagerie. C'est presque toujours une adresse de messagerie qui est listée, pas celle du site.
24h
Le retrait qui se fait seul
Environ vingt-quatre heures après le dernier signalement, chez SpamCop, sans aucune démarche. PSBL retire en libre-service ; UCEPROTECT niveau 1 expire sept jours après le dernier abus.
4
Adresses soumises à Google
Le domaine et « www », en http comme en https. Ce contrôle-là ne dit rien de vos e-mails : il dit ce que trois navigateurs affichent devant vos pages.
Les sept listes et les six adresses sont ce que fait ce contrôle, à l'identique de la vigie du produit. Les délais de retrait sont ceux que publient les opérateurs de chaque liste, repris dans le tableau plus bas.
Lire le résultat
Trois états par liste, et quatre pour Google. Aucun ne se déduit d'un autre.
Liste en vert
La liste a répondu, et elle ne connaît ni le domaine ni les adresses testées. C'est une vraie réponse, pas une absence de réponse.
Liste en rouge
La cible est listée. Le lien de retrait pointe vers le formulaire de la liste. Traitez la cause avant de demander le retrait : un domaine relisté dans la semaine est plus difficile à faire sortir.
Liste muette
Pas de réponse dans le temps imparti. Ces services sont partagés et limitent le débit ; certains refusent les requêtes venues d'un résolveur public. Le silence ne signifie jamais « rien à signaler ».
Google : signalé dangereux
Le plus grave de cette page. Chrome, Firefox et Safari affichent un avertissement plein écran avant la page, et le type de menace est précisé. Passez par la Search Console de Google pour demander un réexamen, après avoir nettoyé le site.
Google : rien à signaler
Quatre adresses ont été soumises : le domaine et « www », en http comme en https. Aucune n'est dans la base.
Adresses testées
L'adresse du site et celles de vos serveurs de messagerie, jusqu'à six. Une adresse de messagerie listée bloque vos e-mails sans que le site soit touché — et c'est le cas le plus fréquent.
Les erreurs qui prolongent un listage
Un retrait obtenu sans traiter la cause ne tient pas une semaine.
01
On demande le retrait avant de chercher la cause
Ce qui la provoque : La liste retire l'entrée, la machine continue d'envoyer, et le listage revient. La plupart des listes durcissent le délai à chaque récidive.
Le geste qui corrige : Trouvez d'abord ce qui envoie : les journaux du serveur de messagerie, la file d'attente, les comptes dont le mot de passe a fui. Le retrait vient après.
02
On teste le domaine et on oublie les adresses
Ce qui la provoque : Deux familles de listes existent. Celles de domaines répondent sur le nom, celles d'adresses sur les IP. Un contrôle qui ne teste que le nom passe à côté du cas le plus courant.
Le geste qui corrige : Cet outil teste les deux, et affiche à droite les adresses réellement soumises. Une adresse de serveur de messagerie listée bloque le courrier sans toucher au site.
03
Une liste muette est lue comme « rien à signaler »
Ce qui la provoque : Beaucoup d'outils publics affichent une coche verte quand la requête échoue. Spamhaus, par exemple, refuse les requêtes venues d'un résolveur public et renvoie un code d'usage — qui ressemble à une absence de listage.
Le geste qui corrige : Nous distinguons les trois états. Une liste muette apparaît en gris, jamais en vert, et le constat le dit.
04
On est listé à cause du voisin
Ce qui la provoque : Sur un hébergement mutualisé, votre site partage son adresse avec des dizaines d'autres. Il suffit qu'un seul envoie du spam pour que l'adresse soit listée, et donc la vôtre.
Le geste qui corrige : Comparez l'adresse listée à celle de votre site. Si c'est une adresse partagée, la demande de retrait ne vous appartient pas : c'est l'hébergeur qu'il faut saisir, ou une adresse dédiée qu'il faut demander.
05
Le site est nettoyé, l'écran rouge reste
Ce qui la provoque : Google ne retire pas un signalement tout seul dans la journée. Il attend une demande de réexamen, et il revérifie.
Le geste qui corrige : Ouvrez la Search Console pour le domaine, section « Problèmes de sécurité », et demandez le réexamen après nettoyage. Tant que la page malveillante est encore servie, la demande sera refusée.
Les sept listes interrogées, et ce que chacune sanctionne
Liste restreinte et documentée, la même que celle utilisée par la vigie du produit. Une liste morte est retirée : SORBS a fermé en juin 2024 et ne répond plus, ses silences passeraient pour des « rien à signaler ».
Liste
Ce qu'elle liste
Ce qu'elle sanctionne, et comment on en sort
Spamhaus ZEN
Adresses IP
La liste la plus suivie au monde. Elle réunit quatre bases : source de spam connue, serveur mal configuré, machine infectée, plage résidentielle qui n'a pas à émettre directement. Retrait sur check.spamhaus.org.
Spamhaus DBL
Domaines
Le nom lui-même : spam, hameçonnage, logiciel malveillant, commande de réseau de machines infectées. Un code particulier signale un domaine légitime dont on a abusé, ce qui est le cas d'un site percé. Retrait sur check.spamhaus.org.
SpamCop BL
Adresses IP
Alimentée par les signalements d'utilisateurs. Le délistage est automatique environ 24 h après le dernier signalement, ce qui en fait la plus indulgente — et la plus rapide à revenir si la cause persiste.
Barracuda
Adresses IP
Réputation mesurée par Barracuda sur son propre réseau de passerelles. Demande de retrait traitée en une douzaine d'heures.
SURBL multi
Domaines
Les domaines CITÉS dans des messages de spam, même si le message vient d'ailleurs. Elle distingue le hameçonnage, le logiciel malveillant, le cybersquattage et l'abus. Analyse et retrait sur surbl.org.
PSBL
Adresses IP
Alimentée par des pièges à spam : une adresse qui écrit à une boîte qui n'a jamais existé. Retrait immédiat en libre-service sur psbl.org.
UCEPROTECT niveau 1
Adresses IP
L'adresse seule, et elle expire sept jours après le dernier abus constaté. Les niveaux 2 et 3 listent des plages entières et des systèmes autonomes complets : trop grossiers pour dire quoi que ce soit d'un domaine, ils ne sont pas interrogés ici.
Google Safe Browsing n'est pas une liste noire anti-spam et ne joue pas dans la même catégorie : il ne décide pas du sort de vos e-mails, il décide de ce que trois navigateurs affichent avant votre page. Les quatre adresses soumises sont le domaine et « www », en http et en https.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon domaine est sur une liste noire ?
Tapez-le ci-dessus. Sept listes sont interrogées : deux sur le nom du domaine, cinq sur les adresses IP du site et des serveurs de messagerie. Chaque liste rend l'un de trois états, et une liste qui n'a pas répondu apparaît en gris — jamais en vert.
Pourquoi mes e-mails partent-ils en indésirable alors qu'aucune liste ne me signale ?
Les listes noires ne sont qu'une partie de la décision. Une authentification incomplète compte davantage : SPF absent, DMARC en « p=none », aucune signature DKIM. Un domaine tout neuf compte aussi, parce qu'il n'a pas d'historique d'envoi. Vérifiez l'authentification avec l'outil dédié avant de chercher plus loin.
Combien de temps pour sortir d'une liste noire ?
Cela dépend de la liste. PSBL retire immédiatement en libre-service. SpamCop sort tout seul environ 24 h après le dernier signalement. Barracuda traite une demande en une douzaine d'heures. UCEPROTECT niveau 1 expire sept jours après le dernier abus. Spamhaus examine la demande. Dans tous les cas, un retrait obtenu sans traiter la cause revient.
Mon domaine est signalé par Google Safe Browsing. Que faire ?
D'abord trouver et supprimer ce qui est signalé : une page de hameçonnage déposée dans un site percé, un script injecté, un fichier téléversé par un formulaire sans contrôle. Ensuite ouvrir la Search Console de Google pour le domaine et demander un réexamen dans la section « Problèmes de sécurité ». Tant que le contenu est encore servi, la demande est refusée.
Pourquoi tester les adresses de mes serveurs de messagerie ?
Parce qu'une adresse de messagerie listée bloque vos e-mails sans que le site soit touché, et c'est le cas le plus fréquent. Beaucoup d'outils ne testent que l'adresse du site, celle du A, qui n'est pas celle qui émet. Nous résolvons vos MX et nous testons aussi leurs adresses.
Une liste muette est-elle une bonne nouvelle ?
Non, c'est l'absence de nouvelle. Les grandes listes limitent le débit et refusent les requêtes venues d'un résolveur public : leur réponse est alors un code d'usage que beaucoup d'outils affichent en vert. Nous le montrons en gris, et le constat sous le tableau compte les listes concernées.
Le déroulé
Lundi, 9 h 12 : plus un message ne part — une journée de listage, heure par heure
Six moments, et à chaque fois la piste que l'on suit d'abord. Elle est fausse à chaque fois, et elle coûte la matinée.
9 h 12
Les messages reviennent, avec un code 550 5.7.1 et une ligne de texte que personne ne lit.
Ce qu'on en conclut : Le serveur de messagerie est tombé.
Ce qui se passe : Un 5xx est un refus prononcé par le serveur d'en face, pas une panne du vôtre. Le 5.7.1 est le refus de politique par excellence, et la ligne de texte qui le suit porte presque toujours le nom de la liste et l'adresse du formulaire de retrait.
9 h 40
Les messages passent vers deux opérateurs et sont refusés par un troisième.
Ce qu'on en conclut : C'est un problème chez celui qui refuse.
Ce qui se passe : Chaque opérateur choisit les listes qu'il consulte. Un listage frappe d'abord ceux qui suivent cette liste-là, et l'effet se répand à mesure que d'autres la consultent. Le silence des deux premiers ne vaut pas certificat de bonne santé.
10 h 15
On teste le nom de domaine sur un vérificateur en ligne : tout est vert.
Ce qu'on en conclut : Nous ne sommes pas listés, il faut chercher ailleurs.
Ce qui se passe : Deux familles de listes existent, et elles ne répondent pas à la même question. Celles de domaines répondent sur le nom ; celles d'adresses répondent sur l'IP qui émet — et c'est presque toujours celle-là qui est listée. Un contrôle qui ne teste que le nom passe à côté du cas le plus fréquent.
11 h 00
Le formulaire de retrait est rempli, la demande est accordée dans l'heure.
Ce qu'on en conclut : C'est réglé.
Ce qui se passe : Rien n'a été traité. Si la machine émet encore, le relistage tombe avant la fin de la journée, et la plupart des opérateurs durcissent le délai à chaque récidive. Un retrait obtenu trop tôt coûte plus cher qu'une demi-journée d'attente.
14 h 30
La cause apparaît dans les journaux : une boîte dont le mot de passe a fui envoie depuis samedi.
Ce qu'on en conclut : Le mot de passe est changé, c'est fini.
Ce qui se passe : La file d'attente du serveur contient encore des milliers de messages prêts à partir. Tant qu'elle se vide, l'adresse continue d'émettre du spam et de se refaire lister. Il faut purger la file, puis seulement redemander le retrait.
17 h 00
Le courrier repart normalement vers les trois opérateurs.
Ce qu'on en conclut : Le domaine est propre.
Ce qui se passe : Pour le courrier, oui. Si le site avait été signalé dans un navigateur, cet écran-là n'aurait pas bougé d'un pixel : c'est un autre système, un autre formulaire, un autre délai. Le schéma plus haut sépare les deux guichets.
À garder sous la main
Les codes de refus SMTP : 421, 451 4.7.1, 550 5.7.1, 554
Tout message de retour porte deux codes : celui à trois chiffres, qui dit si le refus est temporaire ou définitif, et le code étendu à trois nombres, qui dit pourquoi. Le second est le seul qui renseigne.
Code
Ce qu'il veut dire
Ce que ça dit de votre réputation
421
Service indisponible, la connexion est fermée.
Refus temporaire. Presque toujours une limite de débit : trop de connexions, trop de messages en peu de temps. Votre serveur doit réessayer plus tard — et si vos messages n'arrivent jamais, c'est lui qui abandonne trop vite.
451 4.7.1
Refus temporaire, motif de politique.
Le plus souvent du greylisting : le serveur refuse un premier passage venu d'une adresse qu'il ne connaît pas, et accepte le même message quelques minutes plus tard (RFC 6647). Aucune conclusion à en tirer sur un listage.
550 5.1.1
La boîte du destinataire n'existe pas.
Sans rapport direct avec la réputation — mais une liste d'envoi qui contient beaucoup d'adresses mortes la détruit à elle seule. C'est le signal le plus simple à corriger.
550 5.7.1
Remise non autorisée, message refusé.
Le refus de politique par excellence, et celui sous lequel arrive la majorité des refus pour listage. Toute la valeur est dans le texte libre qui suit : nom de la liste, adresse du formulaire, parfois l'adresse IP incriminée.
550 5.7.23
Le contrôle SPF a échoué.
Votre enregistrement SPF n'autorise pas l'adresse qui a émis. Cela n'a rien d'un listage : c'est une autorisation manquante, et elle se corrige dans votre zone en quelques minutes.
550 5.7.25
La vérification du DNS inverse a échoué.
L'adresse IP qui émet n'a pas de nom inverse, ou ce nom ne revient pas sur elle. Beaucoup d'opérateurs en font une condition d'entrée. C'est l'hébergeur qui publie ce nom inverse, pas vous.
550 5.7.26
Plusieurs contrôles d'authentification ont échoué.
SPF et DKIM échouent tous les deux. C'est le code que l'on reçoit quand le domaine expéditeur demande le rejet en cas d'échec, ou quand l'opérateur d'en face applique sa propre règle aux envois non authentifiés.
554 5.7.1
Transaction refusée, après l'envoi du message.
Le refus est tombé après lecture du contenu, pas à la connexion : contenu, signature, réputation combinée. Un 554 se distingue d'un 550 par le moment où il survient, et il oriente vers le message plutôt que vers l'adresse.
Le premier chiffre tranche : 4xx est temporaire et sera réessayé, 5xx est définitif (RFC 5321, § 4.2.1). Les codes étendus sont définis par la RFC 3463 et complétés pour l'authentification par les RFC 7208 et 7372 ; le registre « SMTP Enhanced Status Codes » de l'IANA en tient la liste à jour. Les opérateurs ajoutent librement leur propre texte après le code : c'est cette partie-là qui porte le lien de retrait.
L'honnêteté de l'outil
Ce que ce contrôle ne voit pas
Sept listes et un service de navigation sécurisée répondent à une question précise : figurez-vous sur une liste publique. Ils ne répondent à aucune des suivantes, et un résultat tout vert ne les couvre pas.
L'angle mort
Où le regarder
L'angle mortLa réputation que Gmail attribue à votre domaine et à vos adresses.
Où le regarderGoogle Postmaster Tools, et nulle part ailleurs : elle n'est publiée sur aucune liste. Les courbes n'apparaissent qu'au-delà d'un certain volume quotidien, ce qui laisse les petits expéditeurs sans mesure.
L'angle mortCe que Microsoft pense de l'adresse IP d'où partent vos messages.
Où le regarderLe programme SNDS, sur inscription et pour les adresses que vous contrôlez, avec la boucle de retour JMRP qui vous renvoie les plaintes.
L'angle mortLe taux de plainte — le nombre de destinataires qui cliquent sur « signaler comme indésirable ».
Où le regarderLes boucles de retour des opérateurs, jamais dans une liste noire. C'est pourtant le signal qui pèse le plus lourd, et le seul qui fasse basculer un domaine irréprochable par ailleurs.
L'angle mortLe verdict d'un filtre privé d'entreprise.
Où le regarderNulle part : ces filtres ne publient rien. Un message refusé alors qu'aucune liste ne répond vient souvent de là, et le seul recours est le message de retour, à lire mot à mot.
L'angle mortVos messages qui arrivent bien, mais dans les indésirables.
Où le regarderAucune liste ne le dit, et le message de retour non plus : un classement n'est pas un refus, il ne laisse aucune trace du côté de l'expéditeur. Seuls les rapports agrégés DMARC et les statistiques des opérateurs en gardent l'empreinte.
L'angle mortL'authentification de vos envois — SPF, DKIM, DMARC.
Où le regarderL'outil d'authentification des e-mails, sur ce site. Chez un domaine que personne n'a listé, c'est la première cause de messages perdus, largement devant les listes noires.
Le bon interlocuteur
Qui décide quoi : les listes, les opérateurs, l'hébergeur, vous
La moitié des demandes de retrait partent à la mauvaise adresse. Voici ce que chacun tient réellement, et la phrase qu'il ne prononcera jamais.
L'opérateur d'une liste noire
Ce qu'il tient
Qui figure sur sa liste à lui, et les critères d'entrée et de sortie.
Ce que vous pouvez lui demander
Le retrait, par son propre formulaire, une fois la cause traitée. Certaines listes sortent en libre-service, d'autres examinent.
Ce qu'il ne fera jamais
Il ne vous préviendra pas de votre entrée sur la liste, et il n'ordonnera à aucun opérateur de messagerie d'accepter vos messages.
L'opérateur de messagerie destinataire
Ce qu'il tient
La décision finale, message par message : accepter, refuser, ou ranger dans les indésirables.
Ce que vous pouvez lui demander
Rien, en règle générale, pour un domaine tiers. Les grands opérateurs ouvrent des formulaires d'expéditeur, qui demandent du volume et de la patience.
Ce qu'il ne fera jamais
Il ne s'engagera jamais à délivrer vos messages, et il n'expliquera pas pourquoi il en a classé un en indésirable.
Le service de navigation sécurisée
Ce qu'il tient
L'écran d'avertissement affiché par les navigateurs devant vos pages.
Ce que vous pouvez lui demander
Un réexamen, après avoir supprimé ce qui est signalé — dans la console de recherche du moteur, pour le domaine vérifié.
Ce qu'il ne fera jamais
Il ne retirera pas le signalement de lui-même dans la journée, et il refusera le réexamen tant que le contenu incriminé est encore servi.
Votre hébergeur
Ce qu'il tient
L'adresse IP d'où partent vos messages, et le voisinage qui la partage avec vous. Le nom inverse de cette adresse aussi.
Ce que vous pouvez lui demander
Une adresse dédiée, le traitement du voisin fautif, ou la correction du nom inverse. Sur un mutualisé, c'est le seul levier réel.
Ce qu'il ne fera jamais
Il ne demandera pas le retrait à votre place, et il ne vous dira pas qui, parmi ses clients, a fait lister l'adresse.
Vous
Ce qu'il tient
La cause : les comptes compromis, la file d'attente du serveur, le site percé, le formulaire sans protection, la qualité de la liste d'envoi.
Ce que vous pouvez lui demander
Rien à personne tant qu'elle n'est pas traitée. C'est la seule partie du problème qui vous appartienne entièrement.
Ce qu'il ne fera jamais
Vous ne pouvez accélérer ni un réexamen, ni l'expiration d'un listage à durée fixe. Le seul temps que vous maîtrisez est celui que vous mettez à trouver la cause.
Le vocabulaire
Les mots qu'on vous oppose
Ils arrivent dans le message de retour, dans le formulaire de retrait, dans la page de l'opérateur. Aucun n'y est expliqué.
DNSBL
Une liste noire interrogée par le DNS. Le serveur qui reçoit votre message la consulte pendant la remise, avant même d'accepter le message.
Safe Browsing
La base de navigation sécurisée qui alimente l'écran rouge de Chrome, de Firefox et de Safari. Elle ne décide rien du sort de vos e-mails.
liste muette
Une liste qui n'a pas répondu dans le temps imparti. Elle s'affiche en gris, jamais en vert : le silence ne vaut pas « rien à signaler ».
délistage
La sortie d'une liste, demandée à son opérateur, une liste à la fois. Elle ne tient que si la cause a été traitée avant.
550 5.7.1
Remise non autorisée. Le refus de politique par excellence, et celui sous lequel arrive la majorité des refus pour listage.
greylisting
Un premier passage refusé exprès à une adresse inconnue, puis accepté quelques minutes plus tard (RFC 6647). Il ne dit rien d'un listage.
nom inverse
Le nom publié pour une adresse IP. Beaucoup d'opérateurs en font une condition d'entrée, et c'est l'hébergeur qui le pose, pas vous.
boucle de retour
Le circuit par lequel un opérateur vous renvoie les plaintes de ses utilisateurs. Le taux de plainte se lit là, jamais dans une liste noire.
Un retrait obtenu sans traiter la cause ne tient pas une semaine.
La demande est accordée dans l'heure ; si la machine émet encore, le relistage tombe avant la fin de la journée, et la plupart des opérateurs durcissent le délai à chaque récidive. Une demi-journée passée à chercher la cause coûte moins qu'un deuxième listage.