Guide de référence
Qu'est-ce qu'un enregistrement CNAME ?
Un CNAME dit qu'un nom est l'autre nom de quelque chose. C'est l'enregistrement le plus commode du DNS, et celui qui casse le plus de zones — parce que ses interdits ne sont écrits nulle part dans les interfaces.
8 min de lectureMis à jour le 12 septembre 2026
En bref
Un enregistrement CNAME déclare qu'un nom de domaine est un alias d'un autre nom. Le client qui le rencontre repose sa question sur le nom cible et suit la réponse obtenue. Un nom qui porte un CNAME ne peut porter aucun autre enregistrement, ce qui l'interdit sur la racine du domaine et comme cible d'un serveur de courrier.
À quoi sert un CNAME
Un CNAME résout un problème d'entretien. Quand dix sous-domaines pointent vers la même machine et que son adresse change, il faut corriger dix lignes — ou une seule, si les neuf autres sont des alias du premier. C'est l'usage courant : un nom porte l'adresse, les autres s'y réfèrent.
Le second usage est la délégation à un prestataire. Un hébergeur, une plateforme de commerce, un service de statistiques vous demandent de créer un alias vers un nom à eux. L'intérêt pour vous est qu'ils peuvent changer d'infrastructure quand ils veulent sans jamais vous demander de toucher à votre zone.
En échange de cette commodité, le CNAME impose une règle brutale et unique : un nom qui est un alias est un alias pour tout. Il ne peut rien porter d'autre — ni adresse, ni serveur de courrier, ni enregistrement de vérification. Presque tous les incidents liés aux alias découlent de cette seule phrase.
Un alias, terme par terme
La ligne est courte. Ce qui compte est moins sa syntaxe que la place qu'elle occupe dans la zone.
www.example.com. 3600 IN CNAME hebergement.example.net.
boutique.example.com. 3600 IN CNAME boutiques.example.net.www.example.com.Le nom qui devient un aliasÀ partir de cette ligne, ce nom ne peut plus rien porter d'autre. Si une adresse ou un enregistrement de vérification y existait, l'un des deux sera ignoré — et ce n'est pas toujours celui qu'on croit.
CNAMELe typeIl annonce que la réponse n'est pas une adresse mais un renvoi. Le client devra poser une seconde question.
hebergement.example.net.Le nom canoniqueLa cible. Elle peut appartenir à un autre domaine, ce qui est même le cas le plus fréquent. Le point final indique un nom complet, à ne pas compléter par le domaine courant.
Ce qu'un CNAME ne peut pas faire
Six limites, toutes issues de la même règle. Les interfaces de DNS n'en signalent presque aucune : elles acceptent la saisie et laissent la zone se comporter de travers.
| Ce qui est interdit | Pourquoi | Ce qu'on fait à la place |
|---|---|---|
| Cohabiter avec un autre enregistrement | Un nom déclaré alias l'est pour tous les types de requêtes, sans exception. | Poser l'alias sur un nom qui ne porte rien d'autre, ou renoncer à l'alias sur ce nom. |
| Vivre sur la racine du domaine | La racine porte obligatoirement le début d'autorité et les serveurs de noms de la zone. Un alias ne peut donc pas y tenir. | Un enregistrement d'adresse, ou l'alias propriétaire que propose votre hébergeur DNS. |
| Être la cible d'un enregistrement MX | La norme du courrier exige un nom qui porte directement une adresse. | Faire pointer le MX vers un nom qui porte un A, et non vers l'alias. |
| Être la cible d'un serveur de noms | Même règle : une délégation doit désigner un nom résolvable directement. | Publier les serveurs de noms sous leurs vrais noms. |
| Rediriger une adresse web | Le DNS ne connaît que des noms de machines. Il ignore tout des chemins, des pages et de la barre d'adresse. | Une redirection permanente côté serveur web, qui seule change l'adresse affichée. |
| Garantir que la cible réponde pour votre nom | L'alias amène le visiteur à la bonne machine. Il ne lui apprend pas à reconnaître votre nom ni à présenter un certificat valide pour lui. | Déclarer votre nom sur l'hébergement d'arrivée, en plus de créer l'alias. |
Vérifiez sur votre domaine, tout de suite
Entrez un nom de domaine : l'outil affiche ses alias, le nom vers lequel chacun pointe, et la durée de vie annoncée.
Ce que le client fait vraiment
Un alias n'est pas suivi par le serveur DNS mais par celui qui pose la question. C'est ce qui explique à la fois la souplesse du mécanisme et le coût de ses chaînes.
- 1
Le client demande une adresse
Le navigateur veut joindre un nom et pose la question à son résolveur.
www.example.com → A ?
- 2
La réponse n'est pas une adresse
Le serveur répond que ce nom est l'alias d'un autre. Il fournit le nom cible, pas l'adresse.
www.example.com → CNAME hebergement.example.net
- 3
Le client repose la question
Cette fois sur le nom canonique. C'est une requête supplémentaire, avec sa propre latence et son propre cache.
- 4
Il obtient l'adresse
La chaîne s'arrête au premier nom qui porte une adresse. S'il s'agit encore d'un alias, le client recommence.
hebergement.example.net → A 198.51.100.25
- 5
Chaque maillon vit sa propre vie
Les alias et l'adresse finale ont chacun leur durée de vie et leur cache. Une adresse modifiée se propage à la vitesse du dernier maillon, pas du premier.
Deux ou trois maillons ne se voient pas. Au-delà, chaque saut ajoute une requête avant le premier octet de la page, et les résolveurs limitent de toute façon la profondeur qu'ils acceptent de suivre.
Quatre façons de contourner l'interdit sur la racine
Le besoin est toujours le même : faire répondre example.com sans www alors que l'hébergeur ne donne qu'un nom. Voici les solutions réelles, avec ce qu'elles coûtent.
| Solution | Ce qu'elle fait | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Adresse écrite à la main | On demande l'adresse de l'hébergeur et on la publie en A sur la racine. | Fonctionne partout. Il faudra la corriger à la main le jour où l'hébergeur change d'adresse, et rien ne préviendra. |
| Alias propriétaire de l'hébergeur DNS | L'hébergeur résout lui-même la cible et répond avec ses adresses, comme s'il s'agissait d'un A. | Ce n'est pas un type d'enregistrement normalisé : le réglage ne se transfère pas d'un hébergeur DNS à l'autre. Cloudflare et Route 53 en proposent chacun une variante. |
| Redirection depuis la racine vers www | La racine porte une adresse minimale dont le seul rôle est de renvoyer les visiteurs vers le nom avec www. | Demande quand même une adresse sur la racine, et ajoute un aller-retour à chaque première visite. |
| DNAME | Redirige d'un coup tout ce qui se trouve sous un nom vers l'arborescence d'un autre. | Ne s'applique pas au nom lui-même, seulement à ce qui est en dessous : ne règle donc pas le cas de la racine. |
Les erreurs d'alias qu'on retrouve partout
Un alias posé sur la racine fait disparaître le courrier
Ce qui le provoque : L'interface a accepté la saisie. L'alias prend alors le pas sur tout ce que la racine portait, enregistrements de courrier compris.
Le geste qui corrige : Retirer l'alias de la racine et le remplacer par une adresse ou par l'alias propriétaire de l'hébergeur, puis republier les enregistrements de courrier.
Le certificat du sous-domaine ne s'émet pas
Ce qui le provoque : L'alias envoie bien vers la bonne machine, mais ce nom n'a jamais été déclaré sur l'hébergement d'arrivée : le serveur ne sait pas qu'il doit répondre pour lui.
Le geste qui corrige : Ajouter le nom côté hébergement cible. L'alias DNS et la déclaration du nom sont deux gestes distincts, et il en faut deux.
Le serveur de courrier pointe vers un alias
Ce qui le provoque : Un enregistrement
MXa été réglé sur un nom qui est lui-même un alias, montage que la norme du courrier interdit.Le geste qui corrige : Pointer le
MXvers le nom canonique, celui qui porte directement une adresse.La chaîne d'alias s'est allongée sans que personne ne le voie
Ce qui le provoque : Chaque prestataire ajoute son propre maillon, et un alias en désigne un autre, qui en désigne un troisième.
Le geste qui corrige : Suivre la chaîne jusqu'au bout une fois par an et supprimer les maillons devenus inutiles. Chaque saut coûte une requête avant l'affichage.
Les questions qu'on se pose ensuite
Quelle différence entre un alias et une redirection ?
Un alias agit dans le DNS et reste invisible : le visiteur garde votre nom dans sa barre d'adresse. Une redirection agit dans le protocole web et change l'adresse affichée. Les deux ne s'utilisent pas dans les mêmes cas et ne se remplacent pas.
Peut-on chaîner plusieurs alias ?
Oui, la norme l'autorise. En pratique, restez court : chaque maillon est une requête de plus avant l'affichage, et les résolveurs plafonnent la profondeur qu'ils acceptent de suivre.
Pourquoi mon interface refuse un alias sur le domaine ?
Parce qu'elle applique correctement la règle : la racine porte déjà des enregistrements obligatoires, avec lesquels un alias ne peut pas cohabiter. Les interfaces qui l'acceptent sans rien dire vous rendent un plus mauvais service.
Un alias ralentit-il l'ouverture du site ?
Très peu, et seulement à la première visite : une requête DNS supplémentaire par maillon, de l'ordre de quelques dizaines de millisecondes. Cela ne devient sensible que sur des chaînes longues.
Un alias qui pointe dans le vide reste un alias valide
Le jour où le prestataire ferme le nom cible, votre zone ne change pas : elle continue de désigner un nom qui n'existe plus. DomainVigil suit les enregistrements de chacun de vos domaines et vous écrit quand une réponse cesse d'arriver.
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