Guide de référence
WHOIS et RDAP : qu'est-ce que c'est ?
WHOIS et RDAP répondent à la même question — qui a enregistré ce domaine, jusqu'à quand, et dans quel état est-il — mais l'un rend du texte libre et l'autre des données structurées. Le premier est en train de disparaître.
7 min de lectureMis à jour le 12 septembre 2026
En bref
WHOIS est le service historique qui renvoie, en texte libre, les informations d'enregistrement d'un nom de domaine. RDAP est son successeur normalisé : mêmes informations, mais en JSON, servies en HTTPS et interrogeables de façon fiable. Depuis le 28 janvier 2025, les registres et bureaux d'enregistrement des extensions génériques ne sont plus tenus de maintenir un service WHOIS.
À quoi servent WHOIS et RDAP
Un nom de domaine n'est pas acheté, il est loué. Cette location a une date de fin, un titulaire, un bureau d'enregistrement et des verrous qui autorisent ou interdisent certaines opérations. WHOIS et RDAP sont les deux guichets qui publient ces informations, et ce sont les seules sources qui font foi : rien de tout cela ne se lit dans le DNS.
La différence entre les deux n'est pas cosmétique. WHOIS renvoie du texte destiné à être lu par un humain, dont la mise en forme change d'un registre à l'autre : un outil qui l'analyse automatiquement fonctionne pour une extension et se trompe pour la suivante. RDAP renvoie des données structurées, les mêmes quel que soit le registre interrogé, et se sert en HTTPS comme n'importe quelle interface moderne.
Pour une agence qui suit trente domaines chez six bureaux d'enregistrement différents, cette différence décide tout : c'est ce qui sépare une surveillance fiable d'un tableau qu'il faut corriger à la main chaque trimestre.
WHOIS et RDAP, ligne à ligne
Le même contenu, deux époques. La colonne de droite explique pourquoi la transition a été engagée plutôt que subie.
WHOIS
RDAP
- Transport
- Une connexion en clair sur le port 43.HTTPS, chiffré, comme n'importe quelle interface web.
- Format de réponse
- Du texte libre, dont la présentation varie selon le registre.Du JSON structuré, identique d'un registre à l'autre.
- Trouver le bon serveur
- Par convention et par tâtonnement, souvent via une redirection manuelle.Par un annuaire public publié qui dit quel serveur interroger pour chaque extension.
- Accès différencié
- Aucun : tout le monde voit la même chose, donc presque rien depuis l'entrée en vigueur du RGPD.Prévu par la norme : un demandeur authentifié peut recevoir davantage de champs.
- Écritures non latines
- Mal prises en charge, résultat souvent illisible.Prises en charge nativement.
- Aujourd'hui
- Plus obligatoire pour les extensions génériques depuis le 28 janvier 2025 ; de nombreux registres l'ont éteint.La source à interroger, et la seule sur laquelle bâtir un outil.
Où retrouver chaque champ WHOIS dans RDAP
Les informations n'ont pas disparu, elles ont changé de place et de nom. Voici la correspondance des champs qu'on consulte réellement.
| Champ WHOIS | Emplacement dans RDAP | Ce qu'on en fait |
|---|---|---|
| Creation Date | Un événement d'action registration. | L'ancienneté du domaine, utile pour estimer sa valeur et détecter un dépôt récent. |
| Registry Expiry Date | Un événement d'action expiration. | La date qui compte. C'est celle du registre, pas celle affichée dans l'interface du bureau d'enregistrement. |
| Updated Date | Un événement d'action last changed. | Repérer un changement récent qu'on n'a pas fait soi-même. |
| Registrar | Une entité portant le rôle registrar. | Savoir chez qui le domaine est réellement enregistré, indépendamment de qui le facture. |
| Domain Status | Un tableau de codes d'état. | L'information la plus utile au quotidien : ce que le domaine autorise et ce qu'il interdit. |
| Name Server | Des objets nameserver. | Vérifier que la délégation correspond à l'hébergement DNS attendu. |
| Registrant | Une entité portant le rôle registrant, presque toujours expurgée. | Rarement exploitable depuis l'entrée en vigueur du RGPD. |
| DNSSEC | Un objet secureDNS, avec les empreintes publiées. | Savoir si la chaîne de confiance est établie côté registre. |
Les codes d'état d'un domaine
Ce sont les mêmes codes chez tous les registres. Les préfixes disent qui les a posés : client pour le bureau d'enregistrement, server pour le registre — et ceux du registre, vous ne pouvez pas les retirer vous-même.
| Code | Ce qu'il veut dire | Ce que ça change pour vous |
|---|---|---|
| ok | Aucune restriction n'est posée sur le domaine. | Tout est permis, transfert compris. C'est aussi l'état le plus exposé à un détournement. |
| clientTransferProhibited | Le bureau d'enregistrement refuse les transferts sortants. | La protection de base, à activer partout. Un transfert demande de la retirer d'abord. |
| clientUpdateProhibited | Les modifications de la fiche sont bloquées. | Protège des changements de serveurs de noms ou de titulaire non souhaités. |
| clientDeleteProhibited | La suppression est bloquée. | Évite une suppression accidentelle ou malveillante depuis le compte. |
| clientHold | Le bureau d'enregistrement demande au registre de retirer le domaine du DNS. | Le site et le courrier s'arrêtent net, alors que le domaine est toujours à vous. Souvent un impayé ou une vérification de contact en attente. |
| serverTransferProhibited | Le registre lui-même bloque les transferts. | Ne se retire pas depuis votre compte. Posé pendant les soixante premiers jours après un enregistrement ou un transfert. |
| serverHold | Le registre a retiré le domaine du DNS. | Même effet qu'un retrait par le bureau d'enregistrement, mais la décision vient d'un cran au-dessus. |
| inactive | Aucun serveur de noms n'est déclaré pour le domaine. | Le domaine existe mais ne résout pas. Fréquent juste après un enregistrement, anormal ensuite. |
| pendingTransfer | Un transfert vers un autre bureau d'enregistrement est en cours. | Si vous ne l'avez pas demandé, c'est une urgence : la fenêtre pour le refuser est courte. |
| autoRenewPeriod | Le domaine vient d'être renouvelé automatiquement par le registre. | Une annulation reste possible pendant cette période, avec remboursement chez la plupart des bureaux. |
| redemptionPeriod | Le domaine a été supprimé et se trouve en période de rachat. | Il est encore récupérable, mais au prix d'une pénalité de restauration. Le site et le courrier sont déjà arrêtés. |
| pendingDelete | La dernière étape avant la libération du nom. | Plus aucune récupération n'est possible. Le nom repartira à la vente à l'issue de cette période. |
Vérifiez sur votre domaine, tout de suite
Entrez un nom de domaine : l'outil lit sa date d'expiration, son bureau d'enregistrement et ses codes d'état, directement à la source.
Ce qui arrive à un domaine qui expire
Entre la date d'expiration et la remise en vente, il se passe environ deux mois chez les extensions génériques. Connaître ces étapes évite de croire qu'un domaine est perdu alors qu'il est encore récupérable — et l'inverse.
- 1
La date d'expiration est atteinte
Le domaine cesse d'être payé. Selon le bureau d'enregistrement, la résolution s'arrête immédiatement ou quelques jours plus tard : le site peut donc tomber avant que vous n'ayez vu passer la date.
- 2
La période de grâce
Le titulaire peut encore renouveler au tarif normal. Sa durée dépend du bureau d'enregistrement, pas du registre, et varie donc d'un compte à l'autre.
- 3
La période de rachat
Environ trente jours chez les extensions génériques. Le domaine n'est plus à vous au sens courant, mais vous seul pouvez le restaurer — contre des frais qui dépassent largement un renouvellement.
état : redemptionPeriod
- 4
La suppression en attente
Environ cinq jours pendant lesquels plus rien n'est possible. Le nom est promis à la libération et aucune intervention ne l'arrête.
état : pendingDelete
- 5
La libération
Le nom redevient disponible à l'enregistrement pour n'importe qui. Sur un domaine ayant de l'historique, il est généralement repris en quelques secondes par un acteur automatisé.
Ces durées sont celles des extensions génériques. Les extensions nationales appliquent leurs propres règles : le calendrier du .fr, par exemple, est fixé par son registre et ne suit pas le même découpage.
Les questions qu'on se pose ensuite
Pourquoi les coordonnées du titulaire sont-elles masquées ?
Parce que publier les données personnelles d'un particulier n'est plus possible en Europe depuis le RGPD. Les registres expurgent donc la plupart des champs de contact. RDAP prévoit un accès plus complet pour les demandeurs authentifiés, mais il n'est pas ouvert au public.
Comment joindre le propriétaire d'un domaine, alors ?
Par le formulaire ou l'adresse de relais que beaucoup de bureaux d'enregistrement publient à la place des coordonnées réelles. C'est le canal prévu, et souvent le seul qui existe.
Faut-il activer le verrou de transfert ?
Oui, sur tous les domaines. Il ne coûte rien, se retire en deux clics le jour où un transfert est réellement prévu, et bloque la manœuvre la plus classique d'un détournement de nom.
Mon domaine affiche clientHold, que faire ?
Le domaine est retiré du DNS à la demande de votre bureau d'enregistrement, généralement pour un impayé ou une adresse de contact non vérifiée. Rien ne se répare dans la zone : il faut régler la cause côté compte, et la résolution revient ensuite.
La date qui compte n'est pas celle de votre facture
La seule date qui fait foi est celle publiée par le registre, et elle ne correspond pas toujours à ce qu'affiche l'interface de votre bureau d'enregistrement. DomainVigil la relit à la source pour chacun de vos domaines et vous prévient longtemps avant l'échéance.
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