Guide de référence
Qu'est-ce qu'un enregistrement A et un enregistrement AAAA ?
Un enregistrement A associe un nom à une adresse IPv4, un enregistrement AAAA à une adresse IPv6. C'est le maillon le plus simple du DNS, et celui dont l'absence rend un site totalement invisible.
7 min de lectureMis à jour le 12 septembre 2026
En bref
Un enregistrement A dit à quelle adresse IPv4 répond un nom de domaine. Un enregistrement AAAA fait la même chose en IPv6. Un nom peut porter les deux, plusieurs de chacun, ou aucun. Sans enregistrement A, un navigateur qui n'a pas d'IPv6 ne trouve tout simplement pas où aller.
À quoi servent A et AAAA
Une machine sur Internet ne se joint pas par son nom mais par son adresse. Le DNS existe pour faire cette traduction, et les enregistrements A et AAAA sont l'endroit où elle est écrite : un nom d'un côté, une adresse numérique de l'autre. Tout le reste du DNS — les alias, les serveurs de courrier, les enregistrements de vérification — finit tôt ou tard par retomber sur l'un de ces deux-là.
La différence entre les deux tient au format d'adresse. IPv4 code une adresse sur 32 bits, ce qui donne un peu plus de quatre milliards de combinaisons — épuisées depuis longtemps. IPv6 la code sur 128 bits, ce qui met fin à la pénurie mais donne des adresses plus longues à lire et à écrire. Les deux protocoles coexistent, et un même service se publie normalement dans les deux.
La conséquence pratique : publier une adresse IPv6 est un plus, publier une adresse IPv4 reste indispensable. Un visiteur dont le réseau n'a pas d'IPv6 et qui ne trouve pas d'enregistrement A n'a aucun autre moyen de vous joindre.
A et AAAA, ligne à ligne
Le même rôle, deux formats. C'est en les voyant côte à côte qu'on cesse de les confondre — et qu'on comprend pourquoi l'un n'est pas facultatif.
A
AAAA
- Ce qu'il porte
- Une adresse IPv4, codée sur 32 bits.Une adresse IPv6, codée sur 128 bits.
- Comment elle s'écrit
- Quatre nombres de 0 à 255, séparés par des points.Huit groupes de quatre chiffres hexadécimaux, séparés par des deux-points.
- Un exemple
- 198.51.100.252001:db8:3c4d:15::1a2f:1a2b
- S'il est absent
- Le nom est injoignable pour la quasi-totalité du trafic.Le nom reste joignable : le visiteur passe en IPv4 sans s'en apercevoir.
- S'il est faux
- Le site est injoignable, ou pire, en affiche un autre.Une partie des visiteurs attend puis bascule ; les autres voient la mauvaise machine.
- Ce qu'il faut retenir
- Obligatoire en pratique, aujourd'hui encore.Recommandé, mais seulement s'il pointe vers un service qui répond vraiment.
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Trois lignes qui font marcher un site
Voici le minimum qu'une zone publie pour un site accessible avec et sans www, en IPv4 et en IPv6.
example.com. 3600 IN A 198.51.100.25
example.com. 3600 IN AAAA 2001:db8:3c4d:15::1a2f:1a2b
www.example.com. 3600 IN A 198.51.100.25example.com.Le nom, ici la racine du domaineOn l'appelle l'apex. C'est le nom sans rien devant, celui qu'on tape naturellement, et le seul sur lequel certains types d'enregistrements sont interdits.
3600La durée de vieCombien de secondes les résolveurs peuvent garder cette adresse en mémoire. Une heure ici : une correction met jusqu'à une heure à se voir partout.
ALe type d'enregistrementCe que la ligne déclare. A pour une adresse IPv4,
AAAApour une adresse IPv6 — le nom vient de la longueur, quatre fois celle d'une adresse IPv4.2001:db8:3c4d:15::1a2f:1a2bL'adresse IPv6 et sa compressionLe double deux-points remplace une suite de groupes nuls. Il ne peut apparaître qu'une fois dans une adresse, sans quoi on ne saurait pas combien de groupes il remplace de chaque côté.
www.example.com.Un nom distinct, pas une variantePour le DNS, www est un nom à part entière. Il ne bénéficie de rien de ce qui est publié sur l'apex : il lui faut sa propre ligne, ici un A vers la même machine.
Les montages courants et ce qu'ils font vraiment
Quelques combinaisons reviennent sans cesse, et deux d'entre elles promettent plus qu'elles ne tiennent.
| Montage | Ce qu'il fait | Ce qu'il ne fait pas |
|---|---|---|
| Un seul A | Envoie tout le trafic vers une machine. | Rien du tout si cette machine ne répond plus. |
| Plusieurs A sur un même nom | Le résolveur rend toutes les adresses et le client en choisit une, souvent la première. | Ce n'est pas de la répartition de charge : aucune vérification n'est faite, une adresse en panne est servie comme les autres. |
| A et AAAA ensemble | Laisse le client choisir son protocole ; les navigateurs essaient les deux et gardent le plus rapide. | Ne dispense pas de faire fonctionner les deux : une adresse IPv6 morte se paie en secondes d'attente. |
| A sur l'apex, CNAME sur www | Le montage le plus répandu. Un seul endroit à changer le jour où l'adresse bouge. | Le CNAME ne peut pas remplacer le A de l'apex : cette place lui est interdite. |
| Un joker sur la zone | Répond pour tous les noms qui ne sont pas définis explicitement. | Ne vous protège pas : il masque les fautes de frappe et rend tout diagnostic beaucoup plus confus. |
| AAAA sans service IPv6 | Rien de bon. | Ne fait pas basculer instantanément : le visiteur attend d'abord que la tentative échoue. |
Les erreurs qui rendent un site injoignable
Le site répond sur www mais pas sans www
Ce qui le provoque : Un seul des deux noms porte un enregistrement. Le DNS ne fait aucun rapprochement entre les deux : ce sont deux noms sans lien.
Le geste qui corrige : Publier les deux — une adresse sur l'apex, une adresse ou un alias sur www — et faire rediriger l'un vers l'autre côté serveur web.
Une partie des visiteurs trouve le site très lent
Ce qui le provoque : Une adresse IPv6 est publiée vers une machine qui n'écoute pas en IPv6. Le navigateur essaie, attend, puis retombe en IPv4.
Le geste qui corrige : Retirer l'enregistrement
AAAA, ou faire écouter le service en IPv6. Publier une adresse qui ne répond pas est pire que ne rien publier.L'hébergeur a changé d'adresse et le site pointe dans le vide
Ce qui le provoque : L'adresse avait été recopiée à la main dans la zone. Rien ne relie cet enregistrement au serveur qu'il désigne : personne n'est prévenu quand elle change.
Le geste qui corrige : Quand l'hébergeur fournit un nom plutôt qu'une adresse, utiliser un alias sur les sous-domaines : il suit les changements tout seul.
Deux adresses publiées pour faire du secours
Ce qui le provoque : On attend un basculement automatique que le DNS ne sait pas faire. Le client tire au sort et peut parfaitement tomber sur la machine à l'arrêt.
Le geste qui corrige : Passer par un service qui surveille les machines et retire lui-même celles qui ne répondent plus, ou accepter que ce montage ne soit qu'une répartition grossière.
Les questions qu'on se pose ensuite
Faut-il vraiment publier un enregistrement AAAA ?
C'est souhaitable dès que l'hébergement le permet vraiment, et à éviter tant que ce n'est pas le cas. Le mauvais scénario n'est pas l'absence d'IPv6 mais une adresse IPv6 publiée vers un service qui ne répond pas.
Peut-on mettre un enregistrement A sur la racine du domaine ?
Oui, sans restriction. C'est même le seul moyen simple de faire répondre un domaine sans www, puisque l'alias y est interdit.
Combien d'adresses un même nom peut-il porter ?
Autant qu'on veut, en A comme en AAAA. Elles sont toutes rendues au client, qui choisit. Gardez en tête que ce choix ne tient aucun compte de l'état réel des machines.
Pourquoi le nom AAAA ?
Parce qu'une adresse IPv6 occupe quatre fois la place d'une adresse IPv4. Le type porte quatre fois la lettre du type d'origine — une convention, pas un sigle.
Une adresse qui change ne prévient personne
Un serveur migré, une adresse réattribuée, une zone réimportée : l'enregistrement reste valide au sens du DNS et pointe pourtant vers le vide. DomainVigil interroge chacun de vos domaines tous les jours et vous écrit dès qu'une réponse change.
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