Guide de référence
Qu'est-ce qu'un enregistrement SPF ?
SPF est la liste publique des serveurs autorisés à envoyer du courrier au nom de votre domaine. Elle tient dans un seul enregistrement TXT, elle se lit de gauche à droite, et elle casse toujours pour les mêmes raisons.
8 min de lectureMis à jour le 12 septembre 2026
En bref
Un enregistrement SPF est un enregistrement DNS de type TXT, publié à la racine de votre domaine, qui énumère les serveurs autorisés à envoyer du courrier en votre nom. Le serveur qui reçoit un message compare l'adresse IP de l'expéditeur à cette liste et en tire un verdict : autorisé, refusé ou sans avis.
À quoi sert SPF
Sans SPF, n'importe quelle machine sur Internet peut ouvrir une connexion et annoncer qu'elle écrit depuis votre domaine. Le protocole de courrier, tel qu'il a été conçu, ne demande aucune preuve. SPF ajoute cette preuve du côté du domaine : le propriétaire publie dans son DNS la liste des serveurs qu'il reconnaît, et le serveur qui reçoit peut la consulter avant d'accepter le message.
La vérification porte sur l'adresse d'enveloppe, celle que le serveur expéditeur annonce pendant la conversation SMTP. Ce n'est pas l'adresse que votre destinataire voit dans sa messagerie : les deux peuvent différer, et c'est précisément ce qu'exploitent les messages frauduleux. SPF seul ne protège donc pas l'adresse affichée ; c'est DMARC qui impose que les deux concordent.
L'enregistrement se publie en TXT, à la racine du domaine. Un type d'enregistrement dédié a existé, puis a été abandonné : aujourd'hui, un SPF publié ailleurs qu'en TXT n'est lu par personne.
Un enregistrement SPF, terme par terme
Voici un enregistrement complet, tel qu'il apparaît dans une zone DNS. Chaque terme se lit dans l'ordre, et le premier qui correspond à l'adresse IP de l'expéditeur décide du verdict.
example.com. 3600 IN TXT "v=spf1 include:_spf.example.net ip4:198.51.100.25 ip4:203.0.113.0/28 ~all"v=spf1La versionObligatoire, et toujours en premier. C'est ce qui distingue un
SPFdes autres enregistrementsTXTdu domaine, qui peuvent être nombreux.include:_spf.example.netReprendre la liste d'un prestataireLe serveur qui vérifie va lire l'enregistrement
SPFde ce second domaine et l'évaluer à son tour. C'est ainsi qu'on autorise une plateforme d'envoi sans avoir à connaître ses adresses IP, qui changent.ip4:198.51.100.25Une adresse autoriséeUne seule machine, désignée par son adresse IPv4. Aucune requête DNS supplémentaire : la réponse est déjà dans l'enregistrement.
ip4:203.0.113.0/28Un bloc d'adresses autoriséLa même chose pour une plage. Ici, les seize adresses de 203.0.113.0 à 203.0.113.15. La notation CIDR après la barre oblique indique la taille du bloc.
~allLe verdict par défaut, en dernierTout ce qui n'a pas correspondu avant tombe ici. Le tilde demande un échec souple : le message est accepté mais signalé. Un tiret demanderait un rejet franc.
L'ordre compte : l'évaluation s'arrête au premier terme qui correspond. Un mécanisme placé après all ne sera jamais lu.
Les mécanismes SPF et ce qu'ils coûtent
Un enregistrement SPF est une suite de termes. Certains désignent directement des adresses, d'autres obligent le serveur qui vérifie à interroger le DNS — et ces requêtes sont comptées.
| Terme | Ce qu'il désigne | Requête DNS |
|---|---|---|
| v=spf1 | La version. Obligatoire, en tête de l'enregistrement. | Non |
| ip4: | Une adresse IPv4 ou un bloc CIDR autorisé. | Non |
| ip6: | Une adresse IPv6 ou un bloc CIDR autorisé. | Non |
| a | Les adresses A et AAAA du domaine, ou d'un domaine précisé après deux-points. | Oui |
| mx | Les adresses des serveurs de courrier entrant du domaine. Pratique quand la machine qui reçoit est aussi celle qui envoie. | Oui |
| include: | L'enregistrement SPF d'un autre domaine, évalué à son tour. Le terme des prestataires d'envoi. | Oui |
| exists: | Vrai si le nom construit répond en A. Sert aux règles conditionnelles avancées, rarement utile dans une agence. | Oui |
| ptr | L'inverse d'une adresse IP. Déconseillé par la norme elle-même : lent, peu fiable, à ne plus employer. | Oui |
| redirect= | Remplace entièrement l'enregistrement par celui d'un autre domaine. S'ignore si un all est présent. | Oui |
| exp= | Le texte d'explication renvoyé quand la vérification échoue. N'intervient qu'en cas d'échec. | Non |
| all | Tout le reste. Toujours le dernier terme, précédé de son qualificateur. | Non |
Les quatre qualificateurs
Chaque mécanisme peut être précédé d'un signe qui dit quoi faire quand il correspond. Sans signe, c'est le plus permissif qui s'applique.
| Signe | Résultat | Ce que le destinataire en fait |
|---|---|---|
| + | Pass | Le serveur est autorisé. C'est la valeur par défaut : un mécanisme sans signe vaut un plus. |
| - | Fail | Le serveur n'est pas autorisé et le domaine l'assume. La plupart des destinataires rejettent le message. |
| ~ | SoftFail | Le serveur n'est pas autorisé, mais le domaine ne veut pas encore de rejet. Le message passe, généralement marqué. |
| ? | Neutral | Le domaine ne se prononce pas. Équivaut, en pratique, à n'avoir rien publié du tout. |
Terminer par ~all est le réglage de transition : on observe avant de fermer. Terminer par -all n'a de sens qu'une fois certain qu'aucun service légitime n'a été oublié.
Le budget de dix requêtes DNS
C'est la limite qui fait tomber la plupart des enregistrements SPF d'agence. Elle n'est pas indicative : au-delà, la vérification ne renvoie pas un échec, elle renvoie une erreur permanente, et le domaine se retrouve dans le même état que s'il n'avait rien publié.
| Ce qui est compté | Plafond | Au-delà |
|---|---|---|
| Mécanismes qui interrogent le DNS | 10 | Erreur permanente. L'évaluation s'arrête net et le résultat est inexploitable. |
| Noms rendus par un mécanisme mx | 10 | Erreur permanente, même si le budget global n'est pas atteint. |
| Noms rendus par un mécanisme ptr | 10 | Les noms suivants sont ignorés. |
| Réponses DNS vides | 2 | Erreur permanente. Un include qui pointe vers un domaine sans SPF compte double au classement des pièges. |
| Enregistrements v=spf1 sur un même nom | 1 | Erreur permanente. Deux enregistrements valent zéro enregistrement. |
| Longueur d'une chaîne TXT | 255 | L'enregistrement doit être découpé en plusieurs chaînes, recollées par le serveur qui lit. |
Les termes ip4, ip6, all et exp ne consomment rien. Remplacer un include par les blocs d'adresses qu'il publie libère donc du budget — au prix d'une maintenance manuelle le jour où le prestataire change ses serveurs.
Vérifiez sur votre domaine, tout de suite
Entrez un nom de domaine : l'outil lit son enregistrement SPF, son DKIM et son DMARC, et vous dit ce que chacun autorise.
Les quatre erreurs qu'on retrouve partout
Deux enregistrements SPF sur le même domaine
Ce qui le provoque : On ajoute un prestataire en créant un second
TXTqui commence parv=spf1, au lieu de modifier celui qui existe.Le geste qui corrige : Fusionner les deux en un seul enregistrement, en reprenant les include et les ip4 de chacun, et supprimer le doublon.
SPF passe, et le message part quand même en indésirable
Ce qui le provoque :
SPFvalide l'adresse d'enveloppe, pas l'adresse affichée dans la messagerie. Les deux peuvent appartenir à des domaines différents sans que SPF s'en émeuve.Le geste qui corrige : Publier
DMARC: c'est lui qui exige que l'adresse validée et l'adresse affichée relèvent du même domaine.L'enregistrement dépasse dix requêtes
Ce qui le provoque : Chaque outil branché sur le domaine apporte son include, et certains include en contiennent eux-mêmes plusieurs. Le compte monte sans qu'on le voie.
Le geste qui corrige : Retirer les prestataires qui n'envoient plus rien, puis remplacer les include restants les plus stables par les blocs d'adresses qu'ils publient.
Le message réexpédié automatiquement échoue
Ce qui le provoque : Une redirection de boîte conserve l'adresse affichée mais fait partir le message depuis un autre serveur, qui n'est évidemment pas dans la liste.
Le geste qui corrige : Aucun réglage
SPFne couvre ce cas. C'est la signatureDKIMqui survit au transfert, et c'est pour cela que les trois protocoles se posent ensemble.
Les questions qu'on se pose ensuite
SPF, DKIM, DMARC : dans quel ordre les installer ?
SPF d'abord, parce qu'il ne demande qu'un enregistrement TXT et qu'il n'a aucun effet de bord. DKIM ensuite, côté plateforme d'envoi. DMARC en dernier, en mode observation, une fois que les deux autres passent sur tous vos envois.
Un sous-domaine hérite-t-il du SPF du domaine ?
Non. La vérification se fait sur le nom exact annoncé par le serveur expéditeur. Un sous-domaine qui envoie du courrier doit publier son propre enregistrement, et un sous-domaine qui n'en envoie pas gagne à publier v=spf1 -all.
Faut-il terminer par -all ou par ~all ?
Commencez par ~all et lisez les rapports DMARC pendant quelques semaines. Passez à -all quand plus aucun envoi légitime n'apparaît en échec. L'ordre inverse coupe du courrier réel avant de vous en avertir.
Combien de temps un changement met-il à prendre effet ?
Le temps du TTL de l'enregistrement TXT, tel que vous l'avez publié. Les serveurs qui ont déjà lu l'ancienne valeur la garderont jusqu'à son expiration, pas une seconde de plus.
Un SPF juste aujourd'hui peut être faux dans six mois
Un prestataire ajouté, un include qui grossit, une migration de messagerie, et le budget de dix requêtes saute sans prévenir. DomainVigil relit l'enregistrement de chacun de vos domaines tous les jours et vous écrit quand il change ou quand il cesse d'être valide.
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