Pour les agences et les indépendants
Reprendre le site d'un confrère sans hériter de ses problèmes
Le jour où vous acceptez, vous devenez responsable d'une installation que vous n'avez pas construite, dont personne ne connaît les mots de passe, et dont le domaine appartient peut-être encore à quelqu'un d'autre. Voici la liste à remplir avant de dire oui.
Ce que vous emportez : une liste à cocher et à imprimer, rangée en six lots, et le courriel type à envoyer au prestataire sortant.
Le vrai risque n'est pas technique
Reprendre un site ne pose presque jamais de problème de code. Le code, on finit toujours par le lire. Ce qui coûte cher, ce sont les choses qu'on ne possède pas : un nom de domaine enregistré au nom de l'ancienne agence, un hébergement payé sur une carte bancaire personnelle, une zone DNS gérée par un prestataire qui ne répond plus.
Ces découvertes arrivent toujours au même moment : trois semaines après la reprise, un mardi, quand quelque chose casse et qu'il faut un accès que personne n'a. À ce stade, c'est vous le responsable aux yeux du client, et c'est vous qui gérez la crise.
La liste ci-dessous se remplit avant de signer, ou au plus tard pendant la première semaine. Elle n'a pas besoin d'être verte partout — elle a besoin d'être remplie. Une case rouge connue est un point de négociation ; une case rouge ignorée est une panne en attente.
La liste de reprise
Cochez ce qui est vérifié, pas ce qui est promis. « L'ancienne agence m'a dit que » ne coche rien : vous devez avoir vu l'écran ou reçu le fichier.
0 sur 33 points vérifiés
Les six découvertes qui changent le devis
Chacune transforme une reprise en chantier. Trouvées avant, elles se chiffrent. Trouvées après, elles se subissent.
Le domaine n'est pas au nom du client
Vous n'héritez pas d'un site, vous héritez d'une négociation avec un tiers. À traiter avant tout le reste, et à chiffrer à part.
Personne n'a l'accès au bureau d'enregistrement
Tout fonctionne, jusqu'au jour de l'expiration. Récupérer un compte perdu prend des semaines et passe par des justificatifs que seul le titulaire peut fournir.
Les sauvegardes n'existent pas, ou ne se restaurent pas
Une sauvegarde jamais restaurée n'est pas une sauvegarde. Testez-en une avant de vous engager sur quoi que ce soit.
Le courriel du client est sur le même serveur que le site
Toute migration d'hébergement devient une migration de courriel, c'est-à-dire un chantier à part entière, avec son propre risque et son propre devis.
Le site tourne sur des versions abandonnées
La reprise devient une remise à niveau. Dites-le maintenant, chiffrez-la séparément, et ne l'avalez pas dans le forfait de reprise.
Il existe d'autres domaines que personne n'a mentionnés
L'ancienne campagne, le nom mal orthographié acheté par précaution, l'extension de repli. Ils expirent aussi, et c'est vous qu'on appellera.
Le courriel au prestataire sortant
Court, factuel, sans reproche. Il n'a aucune obligation de vous répondre vite, et un ton désagréable ne fera qu'allonger le délai. Mettez le client en copie : c'est lui le client des deux côtés.
Objet : Transmission des accès — [nom du client]
Bonjour, [Nom du client] m'a confié la suite de son site et me demande d'en assurer le suivi à partir du [date]. Il est en copie de ce message. Pour que la transition se passe sans coupure, j'aurais besoin des éléments suivants : — l'accès à l'hébergement, panneau de contrôle compris ; — un compte administrateur sur le site ; — le nom du bureau d'enregistrement du domaine, et l'accès au compte s'il est à votre nom ; — un export de la zone DNS, ou l'accès à l'interface où elle se modifie ; — une sauvegarde complète des fichiers et de la base de données ; — la liste des services tiers et des licences utilisés par le site, avec leurs échéances ; — le dépôt de code, s'il en existe un. Si certains de ces éléments sont à votre nom plutôt qu'à celui de [nom du client], dites-le-moi : nous verrons ensemble comment les régulariser proprement, sans que personne y perde. Je reste disponible par téléphone si c'est plus simple pour vous. Merci d'avance. [signature]
Quand le prestataire sortant ne répond pas
Ça arrive, et pas toujours par mauvaise volonté : un indépendant qui a arrêté son activité, une agence rachetée, une adresse qui n'est plus relevée. Ne perdez pas trois semaines à relancer.
Reconstituez d'abord ce qui peut l'être sans lui. Pour beaucoup d'extensions, les informations publiques d'un domaine se consultent librement : elles donnent le bureau d'enregistrement, les serveurs de noms et la date d'expiration. La zone DNS se relève enregistrement par enregistrement. L'hébergeur se déduit souvent de l'adresse du serveur.
Pour les accès, c'est le client qui doit écrire, pas vous. Un hébergeur ou un bureau d'enregistrement ne parle qu'au titulaire du compte, et une demande venant de vous sera refusée — à juste titre. Préparez-lui le texte, il l'envoie depuis sa propre adresse.
Et fixez une limite. Au bout de deux semaines sans réponse, écrivez au client ce que vous n'avez pas obtenu, ce que ça implique concrètement, et ce que vous proposez : reconstruire l'accès, ou déplacer vers des comptes à son nom tout ce qui peut l'être.
Ce que cette liste ne fait pas
Elle ne vous dit pas si le site est bien construit. C'est un inventaire de ce que vous possédez et de ce que vous risquez, pas un audit de qualité.
Elle ne remplace pas un écrit au client. Les cases que vous laissez vides doivent lui être communiquées, avec ce que vous en déduisez. C'est cet écrit qui vous protège le jour où l'une d'elles explose — et c'est aussi lui qui justifie le devis.
L'inventaire se fait une fois, puis il se tient tout seul
Les cases « date d'expiration », « certificat », « serveurs de noms » et « le site répond » ne se cochent pas une bonne fois : elles se démentent toutes seules trois mois plus tard. DomainVigil les relève en continu sur tous les domaines que vous gérez et vous prévient avant votre client.
Faire l'inventaire d'un site reprisSans carte bancaire. Ajoutez un domaine, le relevé complet arrive en quelques secondes.