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Problème

Un client a perdu son nom de domaine : ce qui est encore possible

« Perdu » ne veut pas dire la même chose selon l’étape où le nom se trouve. Le statut publié par le registre le dit en un mot, et ce mot détermine ce qui reste faisable.

Interrogez le registre en RDAP et lisez le statut avant tout le reste. « redemptionPeriod » : récupérable, auprès du registrar qui l’a supprimé et de personne d’autre. « pendingDelete » : plus rien à faire, préparez la suite. Déjà réenregistré par un tiers : ce n’est plus un problème technique, et ce n’est plus votre décision.

À faire tout de suite

Trois gestes. Le premier prend trois minutes et vous évite de promettre au client quelque chose qui n’est plus possible.

  1. Lisez le statut, pas la page d’accueil

    3 min

    Une page de parking ou un message d’erreur ne vous disent rien : ils sont identiques à toutes les étapes. Le statut du registre, lui, est sans ambiguïté. Notez-le, ainsi que la date qui l’accompagne quand il y en a une : c’est votre compte à rebours, et il ne se remet pas à zéro.

  2. S’il est en rédemption, appelez le registrar qui l’a supprimé

    30 min

    Pas un autre : pendant la période de rédemption, le registre interdit les transferts, et seul le registrar qui a demandé la suppression peut restaurer le nom. Ouvrez le ticket en nommant l’opération — restauration, pas renouvellement — et demandez par écrit le tarif et le délai de traitement. Le tarif est publié sur son site, l’ICANN l’y oblige.

  3. S’il est déjà repris, arrêtez de négocier vous-même

    10 min pour cadrer

    Un nom réenregistré par un tiers relève du droit et du budget, pas de la technique. Selon les droits du client sur ce nom, la voie est une négociation de rachat ou une procédure de règlement de litige. Dans les deux cas, c’est le client qui décide, avec un conseil. Votre rôle s’arrête à établir les faits et à chiffrer le plan B.

Ce que le statut vous autorise à promettre

Lisez le statut, puis la branche correspondante. Elle contient exactement ce que vous pouvez dire au client, sans rien promettre de plus.

Que dit le statut publié par le registre ?

  • redemptionPeriod

    Récupérable, contre des frais de restauration.

    Le registre a désactivé le DNS et interdit les transferts. Vous avez trente jours à compter de la suppression, et une seule porte : le registrar qui a supprimé le nom.

  • pendingDelete

    Plus rien n’est possible.

    Le nom a passé ses trente jours de rédemption. Quelques jours plus tard, il est purgé de la base du registre et redevient enregistrable selon les règles de celui-ci.

  • Un autre titulaire, un site actif

    Ce n’est plus une question technique.

    Le nom a été réenregistré. Selon les droits du client sur ce nom, c’est une négociation de rachat ou une procédure de litige. La décision et le budget appartiennent au client.

Ce qui est possible à chaque étape, et qui agit

Le point important est la troisième colonne : à la plupart des étapes, ce n’est pas vous qui agissez. Savoir à qui parler fait gagner une journée.

  • Expiré, pas encore supprimé
    Ce qui est possibleUn renouvellement ordinaire.
    Qui agitVous, dans le compte du registrar.
  • Période de rédemption (30 jours)
    Ce qui est possibleUne restauration, contre des frais publiés par le registrar.
    Qui agitLe registrar qui a supprimé le nom, à votre demande.
  • pendingDelete
    Ce qui est possibleRien.
    Qui agitPersonne.
  • Retombé dans le domaine public
    Ce qui est possibleUn réenregistrement, si personne n’est plus rapide.
    Qui agitN’importe qui, y compris vous.
  • Réenregistré par un tiers
    Ce qui est possibleUn rachat, ou une procédure de règlement de litige.
    Qui agitLe client, avec un conseil.

Sources : ICANN, Expired Registration Recovery Policy § 3 et tableau des codes d’état EPP. Les frais de restauration sont fixés librement par chaque registrar ; l’ICANN l’oblige à les publier, pas à les modérer. Pour un .fr, le calendrier est le même — trente jours de rédemption — mais il part de la date de suppression demandée par le bureau d’enregistrement, pas de la date d’expiration.

Ce que vous écrivez au client

Le message le plus difficile de la liste, parce qu’il annonce une dépense imprévue. Dites le coût dans la même phrase que la solution, jamais après.

Objet : Votre nom de domaine — action nécessaire avant le [date]

Bonjour,

Le nom de domaine de votre site a été supprimé après son échéance. Il est encore récupérable, mais pas indéfiniment : le registre le garde en réserve pendant trente jours à compter de la suppression, c’est-à-dire jusqu’au [date]. Passé ce délai, le nom redevient disponible pour n’importe qui.

La récupération passe obligatoirement par le bureau d’enregistrement actuel et s’appelle une restauration. Elle coûte [montant], nettement plus qu’un renouvellement, et ce tarif est fixé par lui. J’ai besoin de votre accord pour la lancer.

Une fois le nom restauré, le site et les adresses e-mail reviennent sans autre intervention. Je m’occupe ensuite de remettre le renouvellement automatique et de faire pointer les rappels vers une adresse que quelqu’un lit.

Dites-moi si je lance.

Ce message dit trois choses et pas une de plus : c’est récupérable, il y a une date limite, il y a un prix. Tout ce qui ressemble à une justification ou à une explication de la cause peut attendre le lendemain — l’urgence, c’est l’accord.

Pourquoi c’est arrivé

Un nom de domaine ne se perd pas d’un coup. Il traverse plusieurs semaines d’avertissements, d’états intermédiaires et de rappels réglementaires avant d’être supprimé. Ce qui a échoué, ce n’est pas une date : c’est le fait que personne n’ait lu les messages.

L’ICANN impose au registrar d’en envoyer au moins trois : un mois avant l’échéance, une semaine avant, et un dans les cinq jours qui suivent l’expiration. Ils partent à l’adresse du titulaire déclarée au registre. Quand cette adresse est celle d’un dirigeant qui reçoit deux cents messages par jour, ou d’un salarié parti depuis, les trois avertissements arrivent et personne ne les voit.

Le second facteur est plus insidieux : personne ne remarque qu’un domaine est mort avant qu’un humain s’en aperçoive. Pas d’alerte, pas de journal, pas de supervision — juste un client qui appelle. Entre l’expiration et l’appel, il s’écoule souvent plusieurs semaines, et ce sont précisément les semaines qui coûtent cher.

Comment l’éviter la prochaine fois

Demandez au registrar de poser les verrous d’état sur les domaines qui comptent. Les statuts « clientTransferProhibited », « clientDeleteProhibited » et « clientUpdateProhibited » empêchent un transfert, une suppression ou une modification non voulus. L’ICANN les présente elle-même comme la protection de base d’un nom auquel on tient.

Mettez sur le contact du domaine une adresse relevée par une équipe, jamais la boîte personnelle de quelqu’un. Et vérifiez, une fois, que les messages du registrar y arrivent réellement : une adresse valide sur le papier et une adresse qui reçoit sont deux choses différentes.

Enfin, surveillez la date depuis l’extérieur, chez le registre. C’est la seule source qui ne mente pas : un tableau de bord de registrar peut afficher un renouvellement automatique actif depuis des mois alors que le dernier prélèvement a échoué.

Lisez le statut et la date chez le registre

L’outil interroge le registre en RDAP et vous rend la date d’expiration, le registrar et les serveurs de noms déclarés, tels qu’ils y sont écrits. Sans compte, et sans limite d’usage.

Sans inscription, sans e-mail à laisser. Vous pouvez coller une adresse complète : nous en extrayons le domaine.

Ce qui manque n’est pas une date, c’est un regard.

DomainVigil relit la date et l’état de chaque domaine chez le registre, tous les jours, pour tous vos clients, et prévient à soixante, trente et sept jours — vous, pas le titulaire. Cinq domaines gratuits, sans limite de durée.

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