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Problème

Un domaine a expiré : que faire, et combien de temps reste-t-il ?

Un domaine expiré n’est presque jamais perdu : entre l’expiration et la remise en vente, il y a une suite d’étapes, et vous êtes dans l’une d’elles.

Renouvelez chez le registrar actuel, maintenant. Tant que le nom n’est pas passé en période de rédemption, c’est un paiement de renouvellement ordinaire. Après, c’est une restauration, avec des frais publiés par le registrar et une seule porte d’entrée possible.

À faire tout de suite

Quatre gestes. Le premier prend deux minutes et détermine les trois autres : ne renouvelez rien avant de l’avoir fait.

  1. Lisez le statut du domaine, pas sa date

    2 min

    Interrogez le registre en RDAP et regardez le champ d’état : « autoRenewPeriod », « redemptionPeriod », « pendingDelete ». C’est lui qui dit ce qui est encore possible. La date d’expiration seule ne dit rien : le registre peut avoir renouvelé le nom automatiquement et repoussé la date d’un an sans que personne ait payé — c’est exactement ce que signifie « autoRenewPeriod ».

  2. Renouvelez chez le registrar, sans passer par personne

    5 à 10 min

    Tant que le nom n’a pas été supprimé, c’est un renouvellement normal. Le registrar est obligé de publier sur son site ses tarifs de renouvellement, de renouvellement après expiration et de restauration : vous saurez avant de cliquer dans quelle catégorie vous êtes. Si le paiement échoue, changez la carte avant de réessayer plutôt que de relancer la même.

  3. S’il est déjà supprimé, demandez la restauration — au registrar qui l’a supprimé

    selon le registrar

    Pendant la période de rédemption, le registre coupe le DNS et interdit les transferts : personne d’autre que le registrar qui a demandé la suppression ne peut récupérer le nom, et il doit vous le permettre. Ouvrez un ticket en nommant l’opération : restauration, pas renouvellement. Demandez le délai de traitement par écrit.

  4. Remettez en place ce qui a lâché

    3 min

    Moyen de paiement valide, renouvellement automatique actif, et surtout l’adresse de contact du domaine : c’est à elle que partent les rappels d’expiration, et c’est presque toujours elle le maillon cassé. Faites-le pendant que vous êtes connecté, pas « la semaine prochaine ».

Ce qui se passe vraiment après la date d’expiration

« Le domaine a expiré » n’est pas un instant, c’est une suite de cinq étapes. Chacune a sa durée, son prix et son point de non-retour. Voici celle des extensions génériques.

  1. La date d’expiration est passée

    jour 0

    Le registrar peut supprimer le nom à tout moment à partir de là. Rien ne l’oblige à attendre. Beaucoup laissent quelques semaines ; ce n’est pas une règle, c’est une habitude commerciale.

  2. Le site s’éteint

    au moins 8 jours

    L’ICANN impose au registrar de couper la résolution DNS pendant au moins les huit derniers jours où le nom reste renouvelable par vous. C’est le moment où le client appelle. Le nom est encore à vous.

  3. Suppression par le registrar

    date variable

    Ce n’est plus un renouvellement, c’est une restauration. Le tarif change, et la porte d’entrée aussi.

  4. Période de rédemption

    30 jours

    Le registre désactive le DNS et interdit les transferts. Seul le registrar qui a supprimé le nom peut le restaurer, à votre demande. Le WHOIS affiche l’état « redemptionPeriod » : c’est votre compte à rebours.

  5. pendingDelete

    5 jours

    Plus rien n’est possible. À l’issue de ces quelques jours, le nom est purgé de la base du registre et redevient enregistrable selon les règles de celui-ci.

Sources : ICANN, Expired Registration Recovery Policy (§ 2.2.1, § 2.2.3, § 3.1 à § 3.3) et tableau des codes d’état EPP. Ces règles valent pour les extensions génériques — .com, .net, .org, .app. Les extensions nationales ont leurs propres délais : voir le .fr juste en dessous.

Le .fr ne suit pas le même calendrier

La différence tient en une phrase : pour une extension générique, le compte à rebours part de l’expiration ; pour le .fr, il part de la suppression demandée par le bureau d’enregistrement. Ce n’est pas un détail de vocabulaire, c’est un mois d’écart.

  • Le renouvellement
    Extension génériquePayant à chaque échéance ; le registre peut renouveler automatiquement, le registrar vous facture.
    Le .fr (Afnic)Tacite : le nom se renouvelle sauf demande de suppression envoyée par le bureau d’enregistrement.
  • D’où part le compte à rebours
    Extension génériqueDe la date d’expiration.
    Le .fr (Afnic)De la date de suppression demandée par le bureau d’enregistrement.
  • La période de rédemption
    Extension générique30 jours après la suppression.
    Le .fr (Afnic)30 jours après la suppression, déclenchés automatiquement.
  • Qui peut récupérer le nom
    Extension génériqueLe registrar qui l’a supprimé, à votre demande.
    Le .fr (Afnic)Le bureau d’enregistrement qui gère le nom, par une opération de restauration.
  • Ce que vous lisez dans le WHOIS
    Extension génériqueL’état « redemptionPeriod », puis « pendingDelete ».
    Le .fr (Afnic)L’état « redemption », l’opération « delete » en attente, et la date de la demande de suppression.

Sources : ICANN (Expired Registration Recovery Policy, codes d’état EPP) et Afnic (charte de nommage du 5 mai 2025, article 48 ; guide des procédures techniques et opérationnelles, opérations delete et restore). À noter : une suppression demandée par l’Afnic elle-même, ou une suppression pendant la période de grâce qui suit la création, ne déclenchent aucune rédemption — le nom repart immédiatement à l’enregistrement.

Ce que vous écrivez au client

Le client va demander deux choses : est-ce que c’est perdu, et est-ce que c’est de votre faute. Répondez à la première avant qu’il pose la seconde.

Objet : Votre nom de domaine — remise en service en cours

Bonjour,

Le nom de domaine de votre site a atteint sa date d’expiration, et le site ainsi que les adresses e-mail associées ne répondent plus depuis [heure]. Le nom n’est pas perdu : il vous appartient toujours et il est récupérable.

Je lance le renouvellement aujourd’hui. Le site et la messagerie reviennent en général dans l’heure qui suit la validation, parfois un peu plus le temps que les serveurs du monde entier reprennent la nouvelle information.

Pour que cela ne se reproduise pas, j’ai besoin de deux choses de votre côté : un moyen de paiement valide sur le compte du bureau d’enregistrement, et une adresse e-mail réellement lue par quelqu’un pour recevoir les rappels d’échéance. C’est à cette adresse-là que les avertissements ont été envoyés, et personne ne les a vus.

Je vous confirme dès que tout est de nouveau en ligne.

Les crochets marquent ce que vous remplacez. Deux principes tiennent ce message : on annonce que c’est récupérable avant d’expliquer pourquoi c’est arrivé, et on ne demande qu’une seule chose en retour — celle qui évite la récidive.

Pourquoi c’est arrivé

Neuf fois sur dix, ce n’est pas un oubli de date. C’est une carte bancaire périmée sur un compte que plus personne n’ouvre. Le renouvellement automatique était bien actif : il a simplement échoué, et le refus de paiement est parti dans une boîte que personne ne relève.

L’ICANN oblige pourtant les registrars à prévenir. Deux messages avant l’échéance — l’un environ un mois avant, l’autre environ une semaine avant — et un troisième dans les cinq jours qui suivent l’expiration si le nom n’a été ni renouvelé ni supprimé, celui-là avec les instructions de renouvellement. Trois avertissements, donc.

Ils partent tous à la même adresse : celle du titulaire, saisie le jour de l’enregistrement. Souvent l’adresse personnelle d’un dirigeant, parfois celle d’un stagiaire parti depuis. La personne prévenue n’est pas la personne qui peut agir : c’est la vraie cause, et aucune quantité de rappels ne la corrige.

Comment l’éviter la prochaine fois

Trois gestes, dans cet ordre. Vérifiez que le moyen de paiement du compte registrar est valide et qu’il ne périme pas avant la prochaine échéance — c’est le point qui casse. Mettez sur le contact du domaine une adresse qu’une équipe lit, pas la boîte personnelle de quelqu’un. Et gardez une trace écrite de qui possède quoi, chez quel registrar.

Ensuite, surveillez la date depuis l’extérieur, chez le registre, et pas depuis le tableau de bord du registrar. Un compte peut afficher « renouvellement automatique actif » alors que le prélèvement a échoué le mois dernier : le réglage est toujours là, le paiement non.

Et déclenchez l’alerte tôt. À trente jours d’une échéance, un renouvellement est une formalité de cinq minutes. À trois jours, c’est une soirée, un ticket de support et un client qui appelle.

Regardez la vraie date, celle du registre

L’outil interroge le registre en RDAP et vous rend la date d’expiration telle qu’elle y est écrite, avec le registrar et les serveurs de noms déclarés. Sans compte, sans limite.

Sans inscription, sans e-mail à laisser. Vous pouvez coller une adresse complète : nous en extrayons le domaine.

Une échéance ne devrait jamais être une surprise.

DomainVigil relit la date d’expiration chez le registre tous les jours, pour tous les domaines de tous vos clients, et prévient à soixante, trente et sept jours. Cinq domaines gratuits, sans limite de durée.

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