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Que raconte l'en‑tête de ce message ?

Collez l'en‑tête complet : vous verrez les serveurs qu'il a traversés, le temps passé entre chacun et ce que le serveur d'arrivée a écrit à propos de SPF, DKIM et DMARC. C'est une lecture de texte, pas une consultation : rien n'est vérifié en ligne.

Vingt à cent lignes, généralement. Tout ce qui suit la première ligne vide est le corps du message : vous pouvez le laisser, il ne sera pas lu.

Avant de lire quoi que ce soit

Un en‑tête se lit de bas en haut

C'est la seule chose à savoir avant de regarder le résultat, et personne ne la dit. Voici les quatre tampons d'un message, d'abord tels qu'ils apparaissent dans le texte, puis remis dans l'ordre du voyage.

  • Received: by mx-in-02.example.net with ESMTPS id 4C2F81A0C3; Wed, 16 Sep 2026 09:41:12 +0200
  • Received: from relais-02.example.org by mx-in-02.example.net with ESMTPS id 8B4D3C107A; Wed, 16 Sep 2026 09:41:09 +0200
  • Received: from file-attente.example.org by relais-02.example.org with ESMTP id 2A9E15D882; Wed, 16 Sep 2026 09:40:55 +0200
  • Received: from poste-marc.example.com by file-attente.example.org with ESMTPSA id k7sm914203; Wed, 16 Sep 2026 09:02:31 +0200

Le dernier serveur est écrit en premier. Chacun a ajouté son tampon au-dessus de celui qui existait déjà — la ligne du bas est donc le départ.

Exemple fabriqué pour cette page : les noms sont des domaines d'exemple réservés à la documentation, et les heures sont cohérentes entre elles. Les lignes « Received » sont montrées d'un seul tenant ; dans un vrai en‑tête, elles sont repliées sur deux ou trois lignes.

Avant de coller

Où trouver cet en‑tête

Il ne s'affiche jamais tout seul. Chaque logiciel le range ailleurs, et aucun ne l'appelle pareil.

  1. Gmail

    Ouvrez le message, cliquez sur les trois points en haut à droite du message, puis sur « Afficher l'original ». Une page s'ouvre avec l'en‑tête complet et un bouton « Copier dans le presse-papiers » — c'est le chemin le plus sûr, il prend tout le texte sans risque de sélection incomplète.
  2. Outlook pour Windows

    Ouvrez le message dans sa propre fenêtre en double-cliquant dessus, puis allez dans Fichier, puis Propriétés. L'en‑tête se trouve dans le cadre « En‑têtes Internet », en bas de la fenêtre qui s'ouvre. Ce cadre est petit : sélectionnez tout son contenu avant de copier.
  3. Mail sur Mac

    Sélectionnez le message, puis Présentation, puis Message, puis Tous les en‑têtes. L'en‑tête complet s'affiche alors au-dessus du message, et le réglage reste actif tant qu'on ne repasse pas sur « En‑têtes par défaut ».
  4. Une autre messagerie

    Cherchez « source du message », « afficher la source » ou « en‑têtes complets ». Le test est simple : si vous ne voyez que l'objet, l'expéditeur et le destinataire, ce n'est pas l'en‑tête. Il vous manque les lignes « Received », et ce sont justement celles qui racontent le trajet.

Lire le résultat

Ce que vous allez voir, et ce que ça vaut

Six cas reviennent tout le temps. Trois sont des verdicts recopiés de l'en‑tête, trois sont des constats faits sur le trajet.

spf=pass, dkim=pass, dmarc=pass
Les trois contrôles ont été passés au moment de la réception. C'est la lecture la plus rassurante possible — et elle ne dit rien de l'état actuel du domaine, seulement de ce jour-là.
spf=pass, dkim=pass, mais dmarc=fail
Le cas le plus fréquent, et le plus déroutant. Les deux contrôles techniques passent, mais aucun des deux domaines authentifiés ne correspond à celui affiché dans « De ». C'est ce qu'on appelle l'alignement, et c'est lui qui envoie les messages en indésirables.
Aucune ligne d'authentification
Le serveur d'arrivée n'a pas consigné de verdict, ou bien la copie s'est arrêtée trop tôt. Dans le doute, revenez à la source et copiez l'en‑tête en entier.
Un saut de plus de soixante secondes
Le message a attendu quelque part. Le serveur à lire est celui nommé juste avant l'attente : c'est lui qui a gardé le message, pas celui qui l'a reçu ensuite.
Aucune ligne Received
Il n'y a pas de trajet dans ce texte. Le plus souvent, on a copié l'aperçu du message — objet, expéditeur, destinataire — au lieu de l'en‑tête complet.
Des sauts sans heure
Certains serveurs écrivent leur tampon sans date lisible, ou dans un format que rien ne sait relire. Le saut apparaît quand même dans le trajet, sans délai en face.

Les erreurs fréquentes

Cinq façons de se tromper de texte

Presque tous les résultats vides viennent de la copie, pas de l'analyse.

  1. On a copié l'aperçu du message, pas son en‑tête

    Ce qui la provoque : Les logiciels de messagerie affichent en haut du message un résumé — objet, expéditeur, destinataire, date — qui ressemble à un en‑tête et n'en est pas un.

    Le geste qui corrige : Passez par « Afficher l'original », « Source du message » ou « Tous les en‑têtes » selon le logiciel. Le vrai en‑tête fait des dizaines de lignes et commence par des lignes « Received ».

  2. La copie s'arrête au milieu

    Ce qui la provoque : Sur un en‑tête long, la sélection à la souris s'interrompt souvent au premier défilement, et on ne garde que le haut du texte — c'est-à-dire la fin du voyage.

    Le geste qui corrige : Gmail propose un bouton « Copier dans le presse-papiers » sur la page « Afficher l'original » : il prend tout, sans sélection. Ailleurs, sélectionnez tout le cadre au clavier avant de copier.

  3. On analyse un message réexpédié

    Ce qui la provoque : Quand on se fait renvoyer un message pour l'examiner, l'en‑tête reçu est celui du RENVOI. Le trajet d'origine se retrouve dans le corps du message, sous forme de texte.

    Le geste qui corrige : Demandez le message d'origine en pièce jointe (« Transférer en pièce jointe ») plutôt que réexpédié : l'en‑tête d'origine arrive alors intact.

  4. Un saut lent, et on accuse le mauvais serveur

    Ce qui la provoque : Le tampon est écrit par le serveur qui REÇOIT. Le délai affiché en face d'une étape est donc le temps passé chez le serveur de l'étape précédente.

    Le geste qui corrige : Lisez le nom juste avant l'attente. C'est lui qui a gardé le message — une file d'attente pleine, une analyse antivirus, une limitation de débit imposée par le destinataire.

  5. On conclut que le domaine va bien

    Ce qui la provoque : Un en‑tête est une archive : il dit ce que le serveur d'arrivée a constaté ce jour-là, pas ce que le domaine publie aujourd'hui.

    Le geste qui corrige : Pour l'état actuel des enregistrements, interrogez le domaine directement — c'est ce que font nos outils d'authentification des e‑mails et de consultation DNS.

Les lignes qui comptent

Ce que chaque en‑tête raconte

Un en‑tête contient parfois cent lignes. Six suffisent à tout comprendre.

En‑têteCe qu'il ditCe que l'outil en fait
ReceivedLe tampon d'un serveur : de qui il a reçu le message, qui il est, et à quelle heure. Chaque serveur ajoute le sien AU-DESSUS des précédents.Les lignes sont remises dans l'ordre du voyage et l'écart entre deux heures devient le délai de l'étape.
Authentication-ResultsLe verdict que le serveur d'arrivée a écrit lui-même sur SPF, DKIM et DMARC, au moment où il a accepté le message.Les trois valeurs sont recopiées telles quelles. Rien n'est recalculé, rien n'est revérifié en ligne.
Message-IDL'identifiant unique posé à l'envoi. Il ne change plus ensuite, quel que soit le nombre de serveurs traversés.Affiché tel quel : c'est la référence à donner au support d'un hébergeur pour qu'il retrouve le message dans ses journaux.
Return-PathL'adresse à laquelle reviennent les erreurs. C'est celle-là que SPF contrôle, et elle diffère souvent de celle affichée dans « De ».Pas affichée, mais c'est elle qui explique la plupart des « spf=pass » accompagnés d'un « dmarc=fail ».
DateL'heure déclarée par le logiciel d'envoi. Elle vient du poste de l'expéditeur, pas d'un serveur.Pas affichée. Un écart important avec le premier tampon signale une horloge déréglée, pas un retard.
DKIM-SignatureLa signature posée par le domaine signataire, avec le sélecteur et le domaine utilisés.Pas affichée, mais son domaine est celui qui apparaît dans le verdict DKIM ci-dessus.

Les lignes qui commencent par « X- » sont propres à chaque hébergeur : elles ne sont normalisées nulle part, et leur sens change d'un service à l'autre.

Le vocabulaire des verdicts

Les mots qu'on lit dans Authentication-Results

Sept valeurs possibles, définies par la norme des résultats d'authentification (RFC 8601). Trois seulement demandent une action.

ValeurCe que le serveur a constatéFaut-il s'en occuper ?
passLe contrôle a réussi.Non.
failLe contrôle a échoué de façon nette : le serveur d'envoi n'était pas autorisé, ou la signature ne correspond pas.Oui. Sur DMARC, c'est ce qui décide du classement en indésirables.
softfailLe domaine dit « ce serveur ne devrait pas envoyer pour moi », sans demander de rejet.Oui, à terme : c'est un SPF encore en rodage (terminé par ~all).
neutralLe domaine publie un enregistrement qui ne se prononce pas sur ce serveur.Rarement. C'est une configuration volontairement permissive.
noneLe domaine ne publie rien du tout sur ce point.Oui, si c'est votre domaine : rien ne le protège de l'usurpation.
temperrorUne panne passagère a empêché le contrôle — le plus souvent une requête DNS sans réponse.Non, sauf si cela se répète.
permerrorL'enregistrement existe mais il est invalide : syntaxe fautive, ou trop de consultations en chaîne.Oui. C'est une erreur de configuration, pas un incident.

Les questions qu'on nous pose

Six questions sur les en‑têtes de mail

Où trouver l'en‑tête complet d'un message ?

Dans Gmail : ouvrez le message, cliquez sur les trois points en haut à droite du message, puis sur « Afficher l'original » — une page s'ouvre avec l'en‑tête complet et un bouton pour le copier. Dans Outlook pour Windows : ouvrez le message dans sa propre fenêtre, puis Fichier, puis Propriétés ; l'en‑tête est dans le cadre « En‑têtes Internet », en bas. Dans Mail sur Mac : sélectionnez le message, puis Présentation, Message, Tous les en‑têtes.

Le contenu de mon message est-il envoyé quelque part ?

Soyons précis, parce que beaucoup d'outils mentent sur ce point. Le texte que vous collez est transmis à notre serveur pour y être analysé — il ne reste pas dans votre navigateur. En revanche il n'y est pas enregistré, aucun service tiers ne le reçoit, et l'analyse ne déclenche aucune requête vers l'extérieur : pas de consultation DNS, pas d'appel à une base de réputation. La lecture est purement textuelle.

Pourquoi les lignes « Received » sont-elles à l'envers ?

Parce que chaque serveur écrit son tampon en haut de l'en‑tête, au-dessus de ceux qui existent déjà. La dernière ligne « Received » du texte est donc le PREMIER serveur du voyage, et la première ligne est le dernier. L'outil les remet dans l'ordre du trajet, ce qui est le seul ordre dans lequel les délais veulent dire quelque chose.

SPF passe, DKIM passe, et DMARC échoue : comment est-ce possible ?

C'est le cas le plus courant, et il n'a rien d'anormal en apparence. DMARC ne se contente pas que les contrôles réussissent : il exige que le domaine qu'ils ont authentifié soit le MÊME que celui affiché dans « De ». Une plateforme d'envoi qui authentifie et signe en son propre nom fait donc passer SPF et DKIM tout en faisant échouer DMARC. La correction consiste à faire signer la plateforme au nom de votre domaine.

Pourquoi mon message a-t-il mis quarante minutes ?

L'en‑tête le dit, et c'est bien la seule chose qui puisse le dire. Chaque étape porte l'heure à laquelle un serveur a reçu le message ; l'écart entre deux étapes est le temps passé chez celui d'avant. Une attente longue vient presque toujours d'une file d'attente pleine, d'une analyse antivirus, ou d'une limitation de débit imposée par le serveur destinataire pour se protéger.

Peut-on savoir avec ça si un message est un faux ?

En partie seulement, et il faut être honnête sur la limite. Un « dmarc=fail » sur un message qui se présente au nom d'une banque est un signal très fort. Mais un « dmarc=pass » ne prouve pas la bonne foi de l'expéditeur : il prouve seulement que le domaine affiché est bien celui qui a envoyé. Un domaine créé la veille, qui ressemble au vrai, passera tous les contrôles.

Ce que l'outil ne fait pas

Aucune vérification en ligne.

L'analyse est purement textuelle : elle lit ce que les serveurs ont écrit à l'époque, et ne va contrôler nulle part si c'est encore vrai aujourd'hui. Le texte est analysé sur notre serveur, il n'y est pas enregistré.

  • aucunerequête DNS, ni WHOIS, ni base de réputation
  • aucunservice tiers ne reçoit le texte
  • rienn'est conservé après la réponse

Le vocabulaire

Les mots qu'on croise dans un en‑tête

Ils reviennent tous, et aucun n'est expliqué nulle part dans les logiciels de messagerie.

Received
Le tampon d'un serveur. Il dit de qui il a reçu le message, qui il est, et à quelle heure. C'est la seule ligne qui existe en plusieurs exemplaires.
Authentication-Results
Le verdict écrit par le serveur d'arrivée sur SPF, DKIM et DMARC. Écrit une fois, à la réception, et jamais modifié ensuite.
Message-ID
L'identifiant unique posé à l'envoi. C'est la référence à donner au support d'un hébergeur pour qu'il retrouve le message.
Return-Path
L'adresse à laquelle reviennent les erreurs de remise. C'est elle que SPF contrôle, et elle diffère souvent de celle affichée dans « De ».
MTA
Agent de transfert de messages : le programme qui fait passer un message d'un serveur au suivant. Chaque étape du trajet en est un.
ESMTPS
Écrit dans un tampon, il indique que cette étape s'est faite par une liaison chiffrée. Sans le « S » final, elle s'est faite en clair.

Le seuil

À partir de quand un saut est lent

60secondes

Au-delà, l'outil marque le saut comme une attente.

Un passage de serveur à serveur se compte normalement en dixièmes de seconde. Soixante secondes est donc un seuil large, choisi exprès : ce qui est signalé a vraiment attendu quelque part. C'est la valeur appliquée par le moteur de cette page.

Un en‑tête dit ce qui s'est passé à l'envoi, pas ce qui est vrai maintenant.
Un « spf=pass » écrit il y a trois semaines ne prouve rien de ce que le domaine publie aujourd'hui. C'est exactement la différence entre lire un en‑tête et surveiller un domaine.